Point sexo : 10 questions à Pierre (@Sexopsycho)

Aujourd’hui on aborde le thème de la sexualité au travers d’un compte instagram super interessant et novateur @Sexopsycho, tenu par Pierre : à la fois un psy moderne et un personnage très drôle ! Il nous parle de sexualité, brise les tabous, nous donne quelques conseils (et oui….on ne va pas s’en priver !). Il aborde aussi l’exposition du psy sur les réseaux sociaux.

1. Hello Pierre ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Pierre Dubol , je suis Psychologue Clinicien à Nîmes. J’interviens en cabinet libéral, en institution, je suis également prof à la fac et formateur à l’IFME.

2. Génial! Tu t’es récemment lancé dans l’aventure Instagram. Peux-tu
nous expliquer les raisons de ce choix ?

Cela faisait longtemps que je souhaitais faire de la vulgarisation sur des concepts cliniques. Face à la recrudescence du nombre de patient.es venant me voir et manquant cruellement de connaissance sur leurs troubles sexuels, il m’est apparu comme évident de profiter de l’une de mes spécialités en sexologie pour créer un compte d’information sur le sujet. Le premier exemple qui me vient concerne le vaginisme qui est un trouble qui touchera au moins une femme sur
dix dans sa vie, et aucun média ne véhicule les accompagnements et les signes à observer, nécessaires à la bonne prise en charge de ce fléau.

3. De très belles initiatives. Tu as choisi de baser ton compte en grande partie sur une thématique sexo. Pourquoi ce choix ?

Outre, la mission que je me suis donnée avec ce compte, je souhaitais également combler une frustration professionnelle (rire). En l’occurrence, la sexologie ne concerne qu’un petit pourcentage de mon travail à la semaine (thérapies de couples et troubles sexuels en cabinet libéral) et je souhaitais donc que cet axe ait un écho plus important dans mon emploi du temps. C’est chose faite !

4. En tant que psychologue, n’as-tu pas peur de ton exposition sur les réseaux, comment filtres-tu ce que tu choisis de montrer ?

Oh que si ! Cela fait depuis Juin 2020 que le compte existe et je cherche encore le bon degré d’exposition à observer. Au départ je souhaitais juste mettre une photo et mon nom pour être crédible en tant que clinicien. Mais après quelques story et live à montrer mon visage et ma personnalité… disons… détendue… je me suis rendu compte que les abonnés souhaitaient connaitre le personnage derrière les informations. Je reçois beaucoup d’amour alors je me dis qu’il n’y a rien de plus normal que de leur offrir le « vrai moi » en échange. Et apparemment, cela n’empêche pas mes patients-abonnés de m’en dire beaucoup de bien et même de recevoir de nouveaux patients par l’intermédiaire de cette exposition. Il faut tout de même rester vigilant, donc aucune information personnelle.

5. Peux-tu nous partager 5 clichés autour de la sexualité que tu peux briser aujourd’hui ?

➡️ Je dirais tout d’abord que l’on fait une erreur en voulant toujours fusionner la triade Amour/Sexe/Couple, ce sont trois entités qui une fois ensemble peuvent apporter de belles choses mais individuellement aussi. On n’est pas obligé d’aimer pour faire l’amour, pas obligé d’être en couple pour aimer, pas obligé de faire l’amour quand on est en couple.
➡️ Les jouets sexuels, c’est pour tout le monde ! Il faut juste trouver le bon, en solo ou accompagné, c’est un médiateur, pas un amant !
➡️ On peut être un homme et féministe tout en conservant sa virilité, elle ne sera juste plus une oppression pour autrui.
➡️ Scoop : Les handicapés ont des désirs sexuels. Leur donner de la visibilité sur cette question est une PRIORITE !
➡️ Pour faire l’amour, la pénétration, ce n’est pas obligatoire !

6. Effectivement ! 3 conseils pour avoir une sexualité épanouie ?

Dire clairement ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas. En discutant on trouve toujours un terrain d’entente. En sexualité, la règle « à force, on va s’y habituer », ça ne fonctionne pas. Quand ça coince, c’est qu’il y a une problématique à soulever avec son partenaire avant qu’elle ne prenne de l’ampleur. Ne plus se mettre de pression avec le COMBIEN de fois, et remplacer ça par le COMMENT on le fait.

7. Quel impact a aujourd’hui ton compte IG dans ta vie quotidienne ?

Principalement des bons. J’ai rencontré beaucoup de consœurs fabuleuses et je retrouve la force des équipes pluridisciplinaires au travers de l’écran (et même en vrai pour certaines). C’est génial. Après, forcément, je reçois des messages inappropriés de temps en temps mais la plateforme permet de filtrer facilement. Et professionnellement, j’ai des projets qui trouvent leurs partenaires grâce à cette visibilité.

8. Ton compte cumule déjà plus de 3,5k. Comment expliques-tu le succès de ce dernier ?

Si je me base sur les dires de mes abonnés, je crois qu’il y a plusieurs pistes… D’abord, la sexualité reste une thématique dont on parle beaucoup mais j’essaie de vulgariser des variables inconnues du grand public. La légèreté et le ton non moralisateur aide pas mal. Et puis le fait d’être un homme, apparemment, cela offre une vision différente même si je ne me revendique pas comme un modèle de virilité… Et enfin, je dirais que j’ai aussi eu la chance d’être partagé par beaucoup de confrères, consœurs, abonné.es à des moments clés pour mes post… ça aide énormément.

9. Au top ! Quels sont tes projets pour la suite ?

Je vais développer les collaborations avec les consœurs en question avec des podcast et des sketchs sur le métier de Psychologue (et Sexo). Et plus personnellement, je compte m’orienter vers le montage de reportages sur la sexualité en IGTV (ex : l’abstinence des prêtres, les couples atypiques, visite d’un sex shop) dans le but de toujours casser les fausses idées reçues et permettre aux gens d’assumer pleinement ses envies, ses fantasmes, son imagination.

10. Nous entendons parfois que « les psys ça fait peur ». Comment expliquer cela ? As-tu un avis sur la question ?

Je pense que cette pensée est avant tout alimentée par le flou quasi-mystique autour de notre pratique… Même nous, parfois, il nous arrive de ne pas comprendre quels sont réellement les outils et la portée d’un confrère ou d’une consœur… Mais j’ai bon espoir que cela change car de plus en plus de personnes prennent conscience qu’il s’agit d’un spécialiste de santé comme un autre (urologue, gynéco, neurologue, pneumologue, etc) et qu’il obtient des résultats de plus en plus scientifiques. Et puis, je constate que les personnes qui restent rigides à l’idée d’aller voir un Psychologue sont souvent ceux qui en auraient le plus besoin… alors je pense que ça en dit plus sur eux que sur nous, finalement.

Merci énormément pour tes réponses franches mais toujours très pros (of course !). Pour ceux qui souhaitent retrouver Pierre sur son compte instagram : cliquez-ici. Je clôture cet article en insistant sur le fait que les tabous doivent encore se lever concernant la sexualité. C’est le jardin secret de chacun, cependant elle peut être évoquée si on en a envie, librement, et surtout avec son/sa/ses partenaires. Personne n’a le droit de vous juger, et encore moins sur votre sexualité.

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